LIGNES DE FUITE

BORDEAUX

Une chambre pensée comme une composition. Les lignes se répondent, les volumes s’alignent et la symétrie installe un équilibre presque instinctif. Une palette sourde de rose poudré, de gris éléphant, de crème et de tabac vient adoucir cette rigueur, tandis que matières brutes et objets singuliers déplacent peu à peu le regard.

Vue de la chambre et de ses lignes noires
Jarres noires aux matières matesKimono dans la lumièreDétail des colliers suspendus
Fauteuil et lampadaire près de la fenêtreBuste et objets sur la cheminée
Lit et kimono au mur

UNE GÉOMÉTRIE DOUCE

La composition s’organise autour d’un axe central : le lit, l’image qui le surplombe, les chevets et les lampes se répondent dans un jeu de symétrie. Une ligne noire, fine et continue, vient souligner cette construction. Elle passe du mur aux rideaux, se retrouve dans les étoffes et relie les différents éléments de la pièce sans jamais les figer.

Milim aime introduire dans cette géométrie des éléments plus instinctifs, parfois détournés de leur fonction première. Une suspension en raphia noir devient ainsi, une fois accrochée au mur, une évocation de bouclier massaï. Des jarres sont transformées à leur tour : recouvertes d’un mélange de pigments noirs et de farine, elles acquièrent une surface mate, irrégulière et presque terreuse. Le rotin dialogue avec un kimono, des colliers anciens et quelques objets trouvés au fil des voyages. Autant de présences qui viennent rompre la rigueur du dessin et donner à la pièce une dimension plus intime.

Le luminaire en laiton, avec son allure années 30, introduit une note plus précieuse. Autour de lui, les tons restent sourds, les blancs deviennent crème, les noirs se font mats et la lumière glisse doucement sur les matières. Une chambre où la rigueur du dessin ne cherche jamais à dominer, mais simplement à donner un cadre à la douceur.

Lit et photographie dans la lumièreCommode, jarres et raphia noir